La valeur locative cadastrale est un loyer théorique fixé par l’administration fiscale, et c’est elle qui sert de base à la taxe foncière. Elle se calcule selon un barème administratif, se transforme en impôt par l’application de taux locaux et peut être vérifiée ou contestée. Elle diffère aussi de la valeur locative estimée lors d’une expertise immobilière.

Comment la valeur locative cadastrale est-elle calculée ?

L’administration fiscale ne regarde pas le loyer réellement encaissé. Elle applique un barème qui lui est propre : le bien est classé dans une catégorie, sa surface est pondérée, puis un tarif lui est appliqué. Cette méthode change selon que l’on évalue un logement, un local professionnel ou un terrain.

Que désigne cette valeur fiscale ?

La DGFiP détermine ce loyer annuel théorique selon des règles fiscales. Il ne correspond donc pas forcément au loyer perçu, et encore moins au prix de vente du bien. Chaque bien a sa propre valeur : il n’existe aucun montant national commun.

Cette base fiscale sert au calcul de la taxe foncière, de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires et de la cotisation foncière des entreprises. La taxe d’habitation sur les résidences principales n’est plus due depuis 2023, mais cette suppression n’a pas fait disparaître la valeur cadastrale.

Les références utilisées datent de plusieurs décennies. D’après la DGFiP, les logements de métropole sont évalués selon le marché locatif au 1er janvier 1970. Dans les départements d’outre-mer, la référence est 1975, sauf à Mayotte où elle est 2012.

Comment évalue-t-on un logement ?

Une habitation ordinaire est d’abord classée dans l’une des huit catégories cadastrales d’immeubles d’habitation, puis comparée à des locaux de référence. On applique ensuite la formule suivante : surface pondérée × tarif cadastral au mètre carré. Le tarif dépend du classement et des références locales. C’est pourquoi la valeur locative cadastrale varie d’une ville à l’autre pour des biens comparables.

La surface pondérée part des surfaces réelles. Elle est ensuite ajustée selon la nature des pièces et des dépendances, l’état du logement, sa situation et ses équipements, comme l’eau courante, le chauffage ou les sanitaires. Le résultat peut donc différer de la surface habitable comme de la superficie « loi Carrez ».

Les autres biens suivent-ils le même calcul ?

Non. Les locaux professionnels concernés par la révision appliquée depuis 2017 sont répartis entre 38 catégories cadastrales selon leur usage. Leur valeur brute se calcule en multipliant la surface pondérée par le tarif de la catégorie et du secteur. Un coefficient de localisation peut ensuite s’y ajouter.

Les établissements industriels qui relèvent de la méthode comptable suivent des règles à part, fondées sur la valeur de leurs éléments fonciers. Les terrains non bâtis sont quant à eux évalués selon leur nature et leur catégorie, à partir d’une référence locative de 1961.

Comment la valeur locative détermine-t-elle la taxe foncière ?

Une fois la valeur locative établie, l’administration en retire un abattement pour obtenir la base imposable. Les taux votés localement s’appliquent ensuite à cette base. Le montant de l’avis ajoute à cela des taxes annexes et des frais de gestion.

Quelle base et quels taux s’appliquent ?

Pour une propriété bâtie, la base ordinaire représente 50 % de la valeur locative cadastrale. Selon l’article 1388 du Code général des impôts, cet abattement forfaitaire couvre notamment les frais de gestion, d’assurance et d’entretien. Il ne correspond pas aux dépenses réellement engagées par le propriétaire. Pour une propriété non bâtie, la base correspond en principe à 80 % de la valeur, soit une déduction de 20 %.

La formule simplifiée est donc : valeur cadastrale × 50 % × taux applicables. Il n’existe aucun taux national unique, car les communes et les intercommunalités votent leurs propres taux. La même logique de base vaut pour la valeur locative servant à la CFE d’un local professionnel.

Que comprend le montant de l’avis ?

Le même avis peut aussi contenir la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Elle a sa propre base cadastrale et son propre taux. Dans les conditions prévues par la loi, le propriétaire peut la récupérer auprès du locataire, mais sans les frais de gestion.

Ces frais de gestion ont des taux distincts. D’après la brochure de la DGFiP sur les taxes foncières de 2025, ils s’élèvent à 3 % de la taxe foncière bâtie et à 8 % de la taxe d’ordures ménagères dans le cas général. Ils atteignent 9 % pour la taxe spéciale d’équipement. Ces pourcentages s’appliquent aux taxes elles-mêmes, pas à la valeur cadastrale.

La taxe est due pour l’année entière, selon la situation au 1er janvier. Le propriétaire ou l’usufruitier reste donc redevable, que le bien soit loué ou vacant. En cas de vente en cours d’année, le vendeur et l’acquéreur peuvent convenir d’un remboursement au prorata, mais cela ne change pas qui doit payer l’administration.

Pourquoi la taxe évolue-t-elle en 2026 ?

Selon la DGFiP, le coefficient de revalorisation forfaitaire pour 2026 est de 1,008, soit une hausse de 0,8 %, hors locaux professionnels. Il dépend de l’indice des prix à la consommation harmonisé relevé en novembre 2025. Par exemple, une valeur de 8 000 € passe à 8 064 € avec cette seule revalorisation. La base bâtie correspondante est alors de 4 032 €, avant application des taux.

Les années précédentes, la revalorisation a été de +7,1 % en 2023 et de +3,9 % en 2024. Elle a ensuite atteint +1,7 % en 2025. Ces chiffres n’indiquent pas l’évolution de chaque avis, qui dépend aussi des taux locaux, des modifications du bien, des taxes annexes et de la fin d’éventuelles exonérations.

Comment vérifier et contester sa valeur locative cadastrale ?

Pour vérifier une valeur locative, on part des documents fiscaux, puis on les compare à l’état réel du bien. Si l’évaluation est erronée, une réclamation documentée permet de demander sa correction.

Où trouver les données retenues ?

Trois sources donnent accès à ces informations, de la plus simple à la plus détaillée :

  • Avis de taxe foncière : la ligne « Base » indique la base imposable, à lire séparément des taux, des exonérations, des taxes annexes et des frais.
  • Gérer mes biens immobiliers : ce service de l’espace fiscal en ligne affiche les informations déclaratives enregistrées pour chaque bien.
  • Fiche d’évaluation : le service des impôts fonciers la fournit sur demande, avec la catégorie, la surface pondérée et les dépendances.
  • Accès réservé : selon le BOFiP, cette fiche est un document nominatif, communiqué uniquement au contribuable concerné ou à son mandataire.

La fiche d’évaluation reste la source de référence, car elle montre les paramètres que les simulateurs en ligne ne reproduisent pas toujours.

Quels changements faut-il contrôler ?

Valoriz-Expertise recommande de comparer la fiche cadastrale à la réalité du bien : classement, surfaces, dépendances, équipements de confort et situation. Des travaux comme une extension, une piscine, l’aménagement de combles ou la transformation d’un garage en chambre peuvent modifier l’évaluation. La démolition d’une dépendance aussi. Tous les travaux n’entraînent pas pour autant une hausse.

Selon l’article 1406 du Code général des impôts, une déclaration foncière doit être faite dans les 90 jours suivant l’achèvement fiscal d’une construction ou la réalisation définitive d’un changement. Cette déclaration est distincte de la déclaration d’achèvement déposée en mairie et de la déclaration d’occupation.

Comment déposer une réclamation motivée ?

Une erreur de catégorie, de surface pondérée, d’affectation ou de dépendance peut justifier une réclamation. Selon le BOFiP, pour une habitation de l’ancien système, on peut contester le classement ou le local de référence, mais pas les tarifs au mètre carré devenus définitifs. Pour la taxe de 2026, déposez la réclamation au plus tard le 31 décembre 2027, par messagerie sécurisée ou par courrier, avec les justificatifs.

La réclamation ne suspend pas automatiquement le paiement. Il faut demander un sursis expressément, et des garanties peuvent être exigées dès 4 500 € contestés. L’administration répond normalement sous six mois et peut prolonger ce délai de trois mois au plus. En cas de rejet, vous disposez de deux mois pour saisir le juge.

Que mesure une expertise de valeur locative ?

Une expertise ne cherche pas une base fiscale. Elle estime le loyer qu’un bien peut réellement obtenir sur le marché. Cette différence de méthode détermine l’usage de chacune des deux valeurs.

Quelle différence avec la valeur cadastrale ?

Comme précisé plus haut, l’expertise vise un loyer de marché, là où la valeur cadastrale découle d’une méthode administrative. Pour estimer ce loyer de marché, l’expert examine plusieurs critères :

  • Emplacement : la qualité du quartier et l’environnement du bien.
  • Superficie : les surfaces réellement utilisables par l’occupant.
  • État et prestations : l’entretien, les équipements et les éléments de confort.
  • Références comparables : les loyers pratiqués pour des biens similaires.

Ces deux notions sont aussi à distinguer de la valeur vénale, c’est-à-dire le prix auquel le bien pourrait se vendre. Un loyer de marché plus bas que la valeur cadastrale ne prouve pas, à lui seul, une erreur d’évaluation.

Dans quels cas réalise-t-on une expertise ?

Valoriz-Expertise réalise des expertises de valeur locative pour des biens résidentiels mis en location, des commerces, des bureaux et des locaux d’activité.

Une expertise sert notamment à fixer ou réviser un loyer, à régler un litige, à renouveler un bail commercial ou à éclairer une évaluation patrimoniale. Le champ des expertises immobilières du cabinet couvre aussi la valeur vénale, les successions, la fiscalité et la valorisation d’actifs.

Les rapports de Valoriz-Expertise reposent sur des méthodes reconnues et respectent la charte de l’expertise. Le cabinet est membre de la Chambre des Experts Immobiliers de France et du Centre National de l’Expertise.

L’expertise peut-elle remplacer l’évaluation fiscale ?

Non. Une estimation faite par un expert, un notaire ou une agence ne remplace pas automatiquement la valeur cadastrale fixée par la DGFiP. Aucune expertise privée ou judiciaire n’est par ailleurs exigée pour obtenir la fiche cadastrale ou déposer une réclamation. Pour contester l’évaluation, il faut relier ses constats aux caractéristiques du bien et aux règles fiscales appliquées.

Le bail commercial suit encore une autre logique. L’article L145-33 du Code de commerce tient compte des caractéristiques du local, de sa destination, des obligations des parties, des facteurs locaux de commercialité et des prix pratiqués dans le voisinage. Cette méthode de marché n’est pas celle utilisée pour l’évaluation cadastrale d’un logement.

Foire aux questions

Comment évolue la valeur locative cadastrale des locaux professionnels en 2026 ?

Les tarifs des locaux professionnels révisés évoluent selon des règles propres à leur catégorie et à leur secteur. Le coefficient général de 1,008 ne s’applique donc pas automatiquement à eux. L’actualisation sexennale de ces valeurs doit être intégrée au 1er janvier 2027.

Quelles sanctions s’appliquent en l’absence de déclaration foncière après des travaux ?

Selon l’article 1729 C du Code général des impôts, ne pas déposer la déclaration requise dans le délai expose à une amende de 150 €. Chaque omission ou inexactitude est sanctionnée de 15 €, pour un total compris entre 60 € et 150 € par déclaration.

Un logement locatif vacant peut-il bénéficier d’un dégrèvement de taxe foncière ?

Le simple fait qu’un logement soit vide ne supprime pas la taxe. Un dégrèvement peut toutefois être accordé sur réclamation si le bien est normalement destiné à la location et que la vacance est involontaire. Elle doit aussi durer au moins trois mois et concerner tout l’immeuble ou une partie louable séparément.